Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 05:32

Osu !

 

Les nihongokaiwakai (désormais nichifutsukaiwakai) ont, je le pense, rendu possible pas mal de choses, et comme vous allez le voir, pas forcément qu’en rapport avec le Japon et sa langue.

 

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Pour remonter à la « genèse » du propos dont il s’agit dans cet article, il faut repartir 6 ans en arrière, un jour où une rencontre des plus impropables en milieu franco-japonais a eu lieu: celle d’un galloisant avec un bretonnant. Si, si, un étudiant ERASMUS du Pays de Galles passionné par le japonais (et il avait vraiment un excellent niveau, tout comme son français d’ailleurs !) et un jeune professeur de breton qui lui aussi s’intéresse beaucoup à la langue de Kawab... non tiens, on va dire Sangoku cette fois, y a pas de raisons.

 

La rencontre fut brève mais elle m’a beaucoup marqué. Comme je le disais plus haut, elle m’a marqué par son caractère totalement inattendu. Un galloisant rencontrant un bretonnant à Nantes, c’est en soi quelque chose de peu fréquent, mais quand la rencontre se fait dans un groupe de discussion franco-japonais, ma foi ça donne envie de courir vers le bureau de tabac le plus proche pour tenter sa chance au millionnaire.

 

Elle m’a également marqué parce qu’ils avaient une maîtrise totale de leurs deux langues, qui, comme chacun le sait, sont des langues britonniques, donc très proches l’une de l’autre. A vrai dire ils ont passé une bonne partie de la soirée à faire de la linguistique comparée, sûrement ravis de découvrir chez un autre – quoique sous une forme différente – quelque chose qu’ils avaient déjà en eux. Moi, pour pouvoir faire la même chose avec le coréen (le japonais ressemble lui aussi beaucoup au coréen – lisez ce très bon article par exemple -, mais dans le cas du couple breton-gallois, la distance linguistique me semble encore plus réduite), il fallait que j’attende encore plusieurs années. Et pour ce qui est de parler japonais comme eux parlent le breton et le gallois, même maintenant je leur suis encore bien inférieur.

 

Cette rencontre m’a enfin marqué parce que les deux protagonistes incarnaient à merveille ce qui pour moi constitue un des bienfaits essentiels de la pratique des langues : un fort « engagement », un volontarisme qui ne cache pas son attachement envers une culture et des valeurs particulières couplé à une attitude fondamentalement ouverte à tout ce qui est autre que soi. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’un découle de l’autre, pour la simple et bonne raison que quand il est sain, l’amour d’une chose suffit à rendre respectable tout ce que d’autres peuvent aimer, fusse l’objet de cet amour complètement inintéressant à nos yeux. C’est la raison pour laquelle même si à l’époque mon principal centre d’intérêt était de loin le japonais, parce que dans le principe nos démarches étaient les mêmes, avoir été le témoin d’une rencontre entre un bretonnant et un galloisant dans ce contexte si particulier est et restera pour moi quelque chose d’aussi fascinant que stimulant.

 

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Le chapitre deux de cette histoire, c’est quand je me suis mis au breton (voir traduction de l’interview), peu après être arrivé au Japon. J’ai donc repris contact avec le professeur en question et, lui aussi étant très impliqué dans la dynamisation et la mise en valeur de sa langue, il m’a proposé de répondre à une interview pour le petit journal hedomadaire en breton « Ya ! », interview traduite par ses soins car je suis encore loin de pouvoir m’exprimer correctement à l’écrit (comme à l’oral) dans cette langue. Même s’il va sans dire que j’aurais 1000 fois préféré écrire moi-même en breton, je suis content et honoré d’avoir participé à cette expérience et rien ne me ferait plus plaisir que de contribuer, même un peu, à mettre en valeur le breton.

 

Un énorme merci à Olier et à toute l’équipe de « Ya ! ». Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur ce professeur qui aime le Japon, cliquez ici (tiens, un lien Radio SUN encore ! Décidément je me sens de plus en plus proche de cette radio...).

 

Vous trouverez ici la traduction française de l’interview. Il n’y a qu’un seul endroit que j’ai préféré laisser tel quel en breton.

 

A Galon,

 

Jérémy

 

 

Par Jérémy - Publié dans : Bretagne-Japon
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  • Bonjour ! Je m'appelle Jérémy. Après avoir appris le japonais en autodidacte pendant plus de 10 ans, depuis 2007 je vis au Japon et y travaille comme CIR (coordinateur en relations internationales) dans le cadre du programme JET.
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  • 06/07/1982

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