Partager l'article ! Passage sur FM waiwai (12 décembre 2011): Osu ! Lundi 12 décembre, avec mon collègue CIR anglais Ben, je suis ...
Osu !
Lundi 12 décembre, avec mon collègue CIR anglais Ben, je suis allé à nouveau faire un tour à FM waiwai, la radio kobéïenne très tournée sur l’international et qui a vu le jour afin d’aider la population étrangère après le grand tremblement de terre de Hanshin-Awaji en 1995. A vrai dire je suis en train de préparer un article sur cette radio pour une newsletter que nous envoyons tous les mois à nos Ambassadeurs de Bonne Volonté (les étrangers qui ont séjourné dans le Hyôgo pour y travailler, étudier, faire un stage, etc) et plus j’en apprends sur leurs activités, plus je m’intéresse à ce qu’ils font... Les trois personnes qui lisent ce blog (merci maman !) rentendront sûrement parler de FM waiwai !
C’est mon troisième passage sur cette petite radio (dernier passage). Comme pour les deux autres passages, étant donné que toute l’émission est en japonais, dans les lignes qui suivent je résumerai avec la concision qui me caractérise les sujets que nous avons abordés.
Je rappelle que l’émission se déroule comme suit : deux parties de blablatage libre d’une dizaine de minutes, une coupure musicale entre les deux avec de la zic que nous avons apportée et un mot de la fin... à la fin.
Par ici pour un enregistrement de ce 3ème passage.
Comme vous pouvez le voir, lors de l’émission nous étions accompagnés d’étudiants de l’Université de Ritsumei à Kyôto. Spécialisés dans l’étude des médias, ils étaient venus passer la journée à observer les bureaux de FM waiwai.
Mon collègue Ben
Dans la première partie de l’émission, il a principalement été question de mon collègue Ben, qui faisait pour la première fois une émission en direct et en japonais. Moi maintenant ça me fait plus peur, je fais même des jeux de mots pourris en live (pour ceux qui comprennent : 関西「ベン」、勤「勉」なベン ...).
Ben est CIR comme moi, mais lui venant de la zone anglophone, nous ne faisons pas tout à fait le même travail. Premièrement, étant donné qu’au service des relations internationales du Conseil Général du Hyôgo (là où je travaille) il y a déjà deux employées japonaises uniquement spécialisées dans la traduction et l’interprétariat en anglais, son travail consiste en grande partie à faire ce que l’on appelle des « native checks » ; c’est-à-dire des relectures/corrections par un locuteur natif de textes anglais écrits par des japonais. Je précise aussi que là où je bosse, l’anglais est avec le chinois la seule langue pour laquelle il existe des employés japonais spécialisés (deux personnes pour l’anglais et une pour le chinois). Vu l’époque c’est assez logique.
Ensuite, comme les quelque 4500 participants au JET sont composés pour l’écrasante majorité d’ALT (professeurs assistants en anglais) travaillant dans le secondaire, une autre grosse partie du travail de Ben est de soutenir ces ALT qui en général arrivent au Japon en ne connaissant pratiquement rien de la langue et de la culture nipponnes. Ils sont d’ailleurs très nombreux dans le Hyôgo, autour de 200 !
Dans l’émission il a également été question de ce qui nous a amené à faire du japonais, et c’est sans surprise que nous avons répondu que tout a commencé avec les anime-manga. Ce sujet les a beaucoup intéressés puisqu’une grosse partie des discussions qui ont suivi ont tourné sur ce thème des anime-manga.
Zic
Pour la zic, Ben a proposé les Yoshida Brothers, deux joueurs de shamisen proposant dans leur musique une version totalement modernisée de cet instrument. En cherchant d’autres vidéos je suis tombé sur celle ci-dessous, effectivement ça déchire grave, j’ai le clip en boucle depuis tout à l’heure.
Seconde partie
Comme nous sommes des japonisants sérieux et des adultes responsables, nous ne nous sommes pas contentés de dire que nous aimions le Japon parce que nous aimions les manga. Ca ferait un peu just pour des CIR payés aux frais du contribuable japonais.
En parlant de Dragon Ball, ma religion et mon premier « contact » avec le Japon et sa culture, nous avons parlé des noms des personnages dans les versions occidentales et j’ai précisé que la VF de Dragon Ball avait tendance à franciser les noms (ex : Petit-Coeur), contrairement à la version anglaise qui elle gardait beaucoup plus facilement les noms des personnages tels quels en japonais, y compris sous leur forme abrégée (ex : « Goku », jamais entendu dans la VF).
Petite précision, il y a maintenant 8 ans de cela, j’ai passé quelques mois au Pays de Galles à travailler dans un hôtel-restaurant. A l’occasion j’ai pu regarder pas mal de dessins animés en anglais (j’ai particulièrement aimé Samurai Jack et dans une optique beaucoup moins sérieuse mais utile pour bosser son anglais Clifford the Big Red Dog), donc quand je fais des comparaisons je sais à peu près de quoi je parle. Soit dit en passant mon collègue Ben est natif du Pays de Galles et souhaite même apprendre le gallois, langue celtique comme le breton. Je l’aime bien donc !
Je disais donc, le français tend à franciser, l’anglais tend à absorber tel quel, cette tendance se retrouve d’ailleurs dans le fait que la langue de Shakespeare, par son ancienne influence coloniale, sa forte diffusion et son absence d’organismes normatifs accepte beaucoup plus facilement les emprunts de mots étrangers que la langue de Molière, qui elle est au contraire largement plus contrôlée, (Académie Française) voire instrumentalisée. Et ouais, on a parlé de ce genre de choses en japonais ! L’honneur est sauf, on a justifié nos salaires.
En fin d’émission, pour rester dans cet esprit de discussions intelligentes(?) sur les anime-manga, j’ai parlé d’un bouquin que j’ai lu récemment et que j’ai trouvé fort instructif, au point de vouloir écrire un petit article dessus dans les semaines qui viennent... Ce livre parle de One Piece et a été écrit par une sociologue japonaise. Il y est question de ce que ce manga au succès inégalé raconte à propos de la société japonaise contemporaine et, surtout, il donne également beaucoup de conseils pour mettre en pratique les leçons de vie que l’on peut tirer de ce manga. L’auteure fait même des comparaisons assez intéressantes avec Dragon Ball et le contexte dans lequel la série a fait le carton que tout le monde connaît. Bref, il y a pas mal de choses à dire là-dessus...
Mot de la fin
Le Gouverneur du Hyôgo (rang de gauche, 4ème en partant du personnage au premier plan), les 6 CIR du Hyôgo, nos supérieurs et une stagiaire venue du Brésil.
Pour le mot de la fin, nous avons brièvement mentionné la rencontre que nous avons faite avec le Gouverneur du Hyôgo ce mois-ci (tof ci-dessus). Elle a été fructeuse et nous avons pu aborder plein de sujets, dont celui d’une éventuelle visite dans les terres sinistrées du Tôhoku. En fait c’est le Gouverneur lui-même qui tenait à ce qui nous y allions, voyions de nos propres yeux l’ampleur des dégâts et il souhaitait également que nous fassions du volontariat.
Je souscris à 200% à cette proposition. J’y pensais justement beaucoup depuis le séminaire annuel de tous les CIR du pays que s’est tenu début novembre à Tôkyô, en particulier suite à une intervention d’un personnage extrêmement intéressant, TAMURA Tarô.
Voilà voilà.
Jérémy
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