Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 06:17

Osu !

 

Un autre sujet Bretagne-Japon pour ce mois-ci ! ^^

 

Cette fois je souhaitais faire un petit bilan de ce que je sais sur les quelques Japonais ayant fait la démarche d’apprendre le breton. J’avais déjà abordé ce sujet sur Nantes-Japon, mais l’ayant fait d’une manière très brouillonne, je vais essayer d’être un peu plus complet...

 

Un Japonais qui apprend le breton, c’est un sacré plongeon dans l’aventure de la décentration culturelle : on part dans un pays à tous niveaux très différent du sien avec le désir d’en savoir plus sur sa langue et sa culture, et, une fois sur place, on ajoute (sans pouvoir vraiment substituer) à cet objectif premier le travail sur une langue et une culture minoritaire de ce même pays, un peu comme un occidental installé au Japon qui se mettrait à une langue des Ryûkyû ou à l’ainu. La démarche peut paraître assez singulière mais elle mérite que l’on attarde un peu dessus.

Evidemment je n’ai pas de données précises à vous proposer; à vrai dire dans cet article je ne mentionnerai que trois noms (2.5 pour être plus précis...). J’imagine qu’il doit y en avoir un peu plus (voir plus bas avec le Mixi), mais vous pensez bien qu’aucune statistique n’existe à ce sujet. Sur ce thème du nombre de Japonais connaissant le breton, je cite toutefois les propos de Hara-sensei dans l’interview qu’il a faite avec l’Association des Bretons du Japon en 2009 (voir plus bas pour les détails) : « Quant à la langue bretonne, ils [NDJ : les Japonais ayant appris le breton] ne sont pas nombreux. Personnellement, je ne connais que 3 personnes qui sachent vraiment la parler. Je suis le seul au Japon et deux d’ entre eux résident actuellement en France. Ils se sont pris de passion pour cette langue après avoir lu les ouvrages que j’ ai publiés ».

 

Deux références : HARA Kiyoshi et NOGUCHI Makoto

 

Hara-sensei

 

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Bien, entrons dans le vif du sujet. Le Japonais brittophone le plus « connu » me semble être HARA Kiyoshi (« Hara-sensei » plus bas et attention à l’orthographe de son prénom, « Kioshi » n’étant pas correct). Par le passé j’avais vaguement entendu parler d’un Japonais enseignant le breton à Rennes mais sans en connaître le nom, il s’agissait peut-être de lui. C’est au Japon que j’ai commencé à m’intéresser à ce monsieur, il m’arrive en effet de parler de la Bretagne dans mes interventions et je pense que c’est en préparant mes PPT que j’ai dû me souvenir de ce Japonais qui bretonne, ou peut-être que dans mes recherches documentaires je suis tombé par hasard sur lui, je ne m’en souviens plus trop en fait... ^^ ;

 

Qui est Hara-sensei donc ? Vous trouverez dans cette interview faite en mars 2009 par les Bretons du Japon une bonne « introduction » au personnage (d’ailleurs pour les japonisants je précise que cette interview écrite est entièrement bilingue français-japonais !). Pour aller à l’essentiel, Hara-sensei est professeur à la Joshibi University of Art and Design à Tôkyô. Il a appris le breton dans le cadre de ses études et a écrit sa thèse sur le thème de la résurrection de la langue bretonne. Polyglotte accompli, il connaît très bien les langues celtiques (je soupconne toutefois les journalistes d’en faire un peu trop sur sa capacité à pouvoir en parler plusieurs) et dans une interview en breton il explique également avoir travaillé à l’université sur d’autres langues comme l’allemand et un peu de latin. Autre chose qui m’intéresse beaucoup, comme Yanagawa-sensei dont il est question plus bas, ses recherches sur la Bretagne l’amènent à faire beaucoup de parallèles entre la situation des langues celtiques et les langues minoritaires du Japon que je mentionnais plus haut. Un exemple, en octobre 2008 il a donné une conférence en breton à Ti ar Vro Kemper sur les « Langues minoritaires au Japon et les langues celtiques ». J’aimerais bien en récupérer le contenu...

 

Je n’ai pas encore eu le temps de plancher sérieusement sur un de ses livres écrits en japonais, mais vu leur contenu ainsi que le fait que Hara-sensei soit président de la Japan Society for Celtic Studies, je suppose que pour ce qui touche la Bretagne et la culture celtique en général ce doit être une des personnes (sinon la personne) les plus compétentes de tout le Japon.

 

Ca vous dirait de l’entendre parler breton sinon ? ^^

Hop, pour ceux qui le souhaitent c’est ici que ça se passe. Au passage je tiens à adresser mes sincères remerciements à Radio Kerne d’avoir eu la gentillesse de m’envoyer cet enregistrement qui n’était plus accessible en ligne. L’émission dans laquelle il a été interviewé s’appelle « An Divskouarn o Nijal » et date du 29 octobre 2008.

 

Hara-sensei est intervenu à d’autres reprises dans des médias bretonnants (Webnoz en l’occurence) mais je n’ai pas réussi à mettre la main dessus.

 

Noguchi-san

 

L’autre japonais bretonnant dont j’ai pu entendre parler est Makoto NOGUCHI. J’ai trouvé ici un texte de 1996 à son propos, je précise toutefois que je ne connais pas très bien le site chrétien dont il est issu. Je le copie-colle dans son intégralité :

 

« Natif du Soleil-Levant et breton
Makoto Noguchi

Lorsque Jacques Chirac est venu à Quimper au mois de juin, il a parlé de culture celtique avec... M. Makoto Noguchi. Ce Japonais s’est si bien intégré au pays de la blanche hermine que les natifs de Roscoff ou de Douarnenez en oublient aujourd’hui ses yeux bridés. On ne rencontre pas tous les jours un Japonais qui parle breton sans accent, auteur de deux pièces de théâtre dans la langue de Glenmor et de Dan ar Braz.
Le jeune Makoto arrive en 1970 dans les Côtes- d’Armor (on dit alors encore les Côtes-du-Nord) dans une famille de connaissance "
pour visiter l’Europe". Etudiant à l’université de Rennes, beaucoup de ses copains fréquentent la section celtique. " Ils m’ont expliqué pourquoi ils apprenaient le breton, se souvient-il. J’ai voulu, connaître l’histoire de la Bretagne, et sa langue. "
Mais l’étudiant veut pousser plus loin sa connivence avec la région. "
Apprendre dans les livres ne suffit pas, explique Makoto. Je désirais vraiment m’intégrer, être accepté. Pendant les longues vacances universitaires, je partais donc travailler dans les fermes, coupant les choux-fleurs ou soignant les cochons. " Des lieux idéaux pour discuter avec les paysans, en breton ! " On dit les Bretons renfermés, difficiles d’accès pour les étrangers, explique-t-il. Lorsqu’ils découvraient que je parlais leur langue, ils s’étonnaient d’abord. Puis les regards s’éclairaient, les portes s’ouvraient. "
Et voilà comment le natif du Soleil-Levant devint tout à l’ouest, à Brest, professeur de breton et – tout de même – de japonais. Makoto est resté en Bretagne où il a pris femme, bretonnante bien sûr. Makoto continue de jongler avec les trois cultures. Il a publié, en breton, des contes populaires japonais
[NDJ : « Marvailhoù ar sav-heol » (« Contes du soleil-levant », détails ici)]. Aujourd’hui, à 48 ans, M. Noguchi travaille à créer des passerelles entre la Bretagne et son pays d’origine. Il dirige la section japonaise de l’Institut supérieur de gestion Asie-Pacifique (ISUGA) de Quimper, où les étudiants s’initient au commerce international. Relier les hommes et les cultures, encore ! G.D. »

 

J’ai également trouvé il y a quelques temps une petite perle télévisuelle (vive le site de l’INA !) dans laquelle 4 étrangers non Bretons (un Gallois, un Hollandais, un Américain et notre Japonais) sont interviewés par F. Broudig, et c’est Noguchi-sensei qui représente la partie nippone. Cette vidéo a une sacrée valeur puisqu’elle est la seule que je connaisse dans laquelle un Japonais s’exprime en breton. Etant moi-même apprenti bretonnant, il y a quelques temps de cela en regardant Red An Amzer (une émission de société hebdomadaire diffusée par France 3 et venant tout juste d’être remplacée par Bali Breizh) j’étais tombé un jour sur une petite interview de Hara-sensei. Je n’ai hélas pas eu le réflexe d’en garder une trace, j’aurais dû être plus réactif... 

 

Quant aux deux autres brittophones nippons dont il est fait mention plus haut – deux personnes ayant commencé le breton influencées par le travail de Hara-sensei ? – je n’ai pas la moindre idée de qui il peut s’agir. Eux aussi je serais bien curieux de les rencontrer...

 

YANAGAWA-sensei

 

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La troisième personnage, je l’ai découvert il y a peu sur le blog Langue Bretonne de F. Broudig. Il ne s’agit pas d’un bretonnant stricto sensu (d’où le 2.5 plus haut...), mais d’un universitaire exerçant à Kagoshima et travaillant sur le célèbre écrivain breton Per-Jakez Helias dont il prépare la traduction du livre le plus connu : Le Cheval d’orgueil. Yanagawa-sensei a(urait) par contre le projet d’apprendre le breton.

 

En faisant quelques recherches sur lui, je suis tombé sur le script d’une conférence qu’il a donnée en septembre 2004 à la fac de Rennes. La sujet m’a tout de suite beaucoup interpellé : « la Bretagne et les minorités japonaises sont-elles comparables ? ». Ce n’est pas vraiment le sujet de cet article mais je souhaite maintenant dire deux ou trois choses sur cette conférence.

 

Conférence de Yanagawa-sensei

             

Vous pouvez lire l’intégralité de la conférence ici. Je précise aussi que vous pouvez lire les paragraphes qui suivent sans vous référer à la conférence (l’idéal étant quand même de la lire ! ^^ ; ).

 

Même si d’inattendus et intéressants parallèles sont effectués entre les minorités du Japon et la Bretagne (voir plus bas), plus que de réellement répondre à la question qu’il pose, cet article de Yanagawa-sensei vise plutôt à analyser la possibilité d’une déconstruction de la thèse de l’homogénéité japonaise (thèse de YANAGITA Kunio, ethnologue et folkloriste japonais. Je note au passage que Yanagita est natif du Hyôgo, le département dont je défends les couleurs via mon boulot de CIR). Quels sont les arguments que Yanagawa met en avant pour étayer cette possibilité ? En substance il analyse les motivations idéologiques des partisans de la thèse de l’homogénéité et insiste également sur les particularités de deux zones du Japon : le Tôhoku (le nord-est) et les Ryûkyû.

 

Pour ceux qui ont la flemme de parcourir les 22 pages, je vous donne rapidement le contenu des parallèles effectués entre la Bretagne et les minorités du Japon : rapprochement entre Théodore Hersart de La Villemarqué (Barzaz Breiz) et le travail de collecte de Yanagita ; Gare de Ueno pendant japonais de la Gare Montparnasse ; bonnes du Tôhoku et bonnes bretonnes ; discriminations à l’encontre des gens du Tôhoku et de leur dialecte (le Tôhoku-ben) avec des références à des grands noms de la littérature japonaise comme DAZAI Osamu et INOUE Yasushi (tous les deux ont leurs racines dans le Tôhoku) ; renouveau culturel des Ryûkyû au moyen de la musique (les shima-uta ou « chansons des îles ») etc.

 

J’ai eu deux grosses suprises en lisant ce texte à propos duquel beaucoup de choses échappent encore à mes maigres compétences. Premièrement, en lisant l’intitulé de l’intervention je pensais instinctivement qu’il allait parler des Ainu et des Ryûkyû. Or ce n’est pas le cas. Il est bien entendu plusieurs fois question des Ainu dans cette conférence mais pas de façon centrale. Je suppose que cela s’explique par le fait que dans les époques dont parle Yanagawa la culture Ainu était encore non-assimilée pour une grande part et que, par conséquent, il n’y avait pas lieu de parler d’une « minorité japonaise ». Quelle est donc cette autre minorité japonaise alors ? Cela m’amène à ma seconde surprise : le Tôhoku. Honte à moi, je n’ai pas le souvenir d’en avoir entendu parler. Je ne savais pas que le Tôhoku etait un endroit avec autant de particularités.

 

Pour aller dans le sens d’un « Japon multiple » Yanagawa mentionne également les clivages est-ouest. Je n’insisterai pas sur ce sujet mais pour parler de ce que j’ai vécu à mon humble niveau ; ayant séjourné, travaillé, parlé, ri, mangé (et même aimé !) Kansai pendant plusieurs années, je peux vous dire qu’il y a effectivement des identités régionales très fortes. Je ne pense pas être dans l’exagération en disant que la relation Tôkyô/Ôsaka est tout à fait comparable à celle entre Paris et Marseille. Je fais un petit pas de plus dans la digression (après je m’arrête hein) en ajoutant que sur ce petit blog j’ai bien envie de traiter à nouveau ce thème du Kansai...

 

Pour en revenir à nos moutons et achever cette partie sur la conférence de Yanagawa-sensei, je souhaite la mettre en perspective avec l’actualité et insister sur deux choses.

 

Premièrement, cette conférence datant de 2004 a l’immense mérite de parler de thèmes féconds au sujet du Tôhoku coupant net avec le discours actuel fatalement centré sur les catastrophes récentes. Ca vous disait quelque chose le Tôhoku ? C’est la zone du Japon qui a été la plus touchée par le tremblement de terre du 11 mars, les tsunami qui ont suivi ainsi que par l’accident nucléaire toujours en cours à Fukushima (mon témoignage personnel je l’avais apporté ici). 

 

Deuxièmement, et là je m’adresse plus aux Bretons de la Bretagne administrative, la plus grande ville de ce Tôhoku si particulier est... Sendai. Oui, Sendai du Miyagi, le département qui a subi les pires dégâts ; Sendai jumelée avec la ville de Rennes. Je ne sais pas trop quels sont les critères qui ont pesé le plus pour l’établissement de ce partenariat, mais en rédigeant cet article je me suis dit la même chose que Yanagawa-sensei : « la comparaison de l’Arc Atlantique et de l’Arc Pacifique est un ‘beau thème de rencontre internationale’ ».

 

Communauté Mixi sur le breton

   

 

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Le Japon se moque-t-il des langues minoritaires d’autres pays ?

 

Mon ami François a créé sur le Mixi (le Facebook japonais si vous voulez) une communauté sur le breton. Cette communauté se trouve sur ce lien, mais vous n’y aurez pas accès car les administrateurs du Mixi, qui à l’origine fonctionnait par invitation, ont eu l’excellente idée de n’autoriser l’inscription qu’aux personnes possédant une adresse de téléphone portable japonais...

 

François est diplômé en japonais de Paris 7 et vit acctuellement en Corée. C’est probablement le seul être humain sur terre avec moi à apprendre en même temps le japonais, le coréen et le breton. Il est de plus très actif sur le Net, aussi bien en français qu’en japonais.

 

Combien de personnes sur cette communauté ? Figurez-vous que nous sommes 9 ! Bon ok c’est pas la folie mais 7 Japonais qui sont venus de leur propre chef s’inscrire à ce groupe ce n’est pas rien tout de même, surtout que 3 des participants se sont présentés ! Il s’agit principalement de femmes, rappelons à ce sujet que la gente féminine est en général la population la plus représentée dans les classes de français de l’Archipel, même si là non plus je n’ai pas de statistiques officielles à vous présenter. Apparemment il n’y a qu’un Japonais dans le groupe, un monsieur qui a ses racines dans les Ryûkyû ainsi qu’une sensibilité à gauche assez clairement revendiquée (tiens, tiens... les mouvements étudiants de la fin des années 60 sont d’ailleurs un point commun évident entre les différents japonais dont je parle).

 

Qu’est-ce qui a poussé ces personnes à s’intéresser au breton ? Une personne mentionne qu’elle a vu des membres de l’Association des Bretons du Japon intervenir dans le cadre des cours de français télévisés de la NHK (au Japon les cours de langues étrangères de la NHK sont un moyen peu coûteux, populaire et efficace pour s’initier à des langues autres que l’anglo-américain), détails sur cette émission ici. Une autre personne mentionne son intérêt pour la chanteuse bretonne Annie Ebrel et la dernière personne à s’être présentée raconte que lors d’un séjour en Bretagne elle a entendu des personnes âgées parlant en breton.

 

Je tacherai d’apporter une réponse bien complète à toutes ces personnes qui se sont présentées. Et si un jour je suis opérationnel en breton, je tacherai également de créer quelque chose (un petit tutorial, des vidéos sur Youtube, un pdf ou que sais-je...) pour aider les Japonais intéressés par cette langue. Même s’il ne sont que 10 sur 120 millions, ce sera toujours ça de plus pour sortir de ce climat nippon très centré sur Paris...

 

Pour finir

 

Que dire pour clore cet article ?

 

- Même si les connaissances dont je dispose à propos des sensei Hara et Noguchi sont très limitées, je dois avouer que je suis très touché par leurs démarches respectives : connaissances profonde d’un monde éloigné en tout du leur, contribution à la société d’accueil, (très probable) fort enrichissement personnel des « décentrés », conscience aiguë de l’importance de préserver la diversité des langues et des cultures... Très inspirant tout ça.

 

- Je trouve aussi intéressant d’observer que l’intérêt chez les Japonais pour la Bretagne, loin d’être une coquetterie intellectuelle stérile, a l’avantage d’éclairer sous un jour nouveau bon nombre de problèmes spécifiques au Japon, celui de l’identité plurielle entre autres (cf. conférence de Yanagawa-sensei). Certains Japonais doivent en effet se sentir d’autant plus poussés à s’intéresser aux minorités de pays étrangers que le climat général nippon reste très dominé par la fameuse maxime « deru kugi ha utareru » (« le clou qui dépasse, on l’enfonce »). Ce ne sera d’ailleurs sûrement pas la première fois que des Nippons viennent chercher dans l’hexagone ce qu’ils ne trouvaient plus chez eux : lisez par exemple Une langue venue d’ailleurs d’Akira MIZUBAYASHI ou allez voir du côté de ces Japonaises quittant l’Archipel pour s’installer et, malheureusement pour certaines d’entre elles, tomber en dépression à Paris (le Syndrome de Paris).

 

- Qu’on se le dise, les Japonais peuvent donc s’intéresser à autre chose de notre monde que Paris, les Champs-Elysées et Flaubert (brillant romancier s’il en est, je ne le nie point). Il n’y a d’ailleurs pas que la Bretagne qui intrigue les Nippons, en témoigne cette japonaise occitanophone (ici). J’ajoute que les Japonais peuvent aussi se montrer curieux au sujet de la francophonie, mais, travaillant un peu sur ce sujet dans le cadre de mon boulot depuis 2007, j’ai tendance à penser que quand ce sont des Français qui en parlent le discours devient facilement opportuniste, voire un peu hypocrite... mais c’est une autre histoire (allez, juste deux petites références : un article de l’universitaire Nobutaka MIURA soutenant à fond la francophonie mais ne cachant pas ses critiques sur l’approche que les Français en ont et un autre article du Monde sur le double langage de la France).

 

- A cette époque où les collectivité territoriales françaises jumelées avec d’autres collectivités japonaises ne cessent de parler de « coopération décentralisée », le travail de personnes comme Hara-sensei et Yanagawa-sensei me semble aller tout à fait dans le bon sens.

 

Quelques liens/références divers pour ceux qui souhaitent en savoir plus

 

1) Je ne sais pas trop si mon intuition est bonne mais un des livres qui m’intriguent le plus afin d’aller plus loin dans la réflexion est « Identités et société de Plougastel à Okinawa » du sociologue breton Ronan Le Coadic. La conférence de Yanagawa-sensei est d’ailleurs présente dans ce recueil.

 

2) Deux pistes pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les langues minoritaires du Japon :

-       concernant l’ainu, vous pouvez trouver des cours en japonais sur STV Radio. Je n’en ai fait que quelques-uns mais c’est bien conçu, il y a de nombreuses sessions avec plein d’archives et dans les émissions il est aussi question d’éléments de civilisation. Certains cours sont donnés par Shigeru KAYANO le seul parlementaire ainu de l’histoire du Japon.

-       Pour les langues des Ryûkyû vous pouvez vous initier à l’uchinaaguchi via les diverses vidéos de Byron FIJA, un métis nippo-américain musicien et très investi dans la langue d’Okinawa. Voici par exemple un article le concernant trouvé sur le site de la BBC.

 

3) Un blog tenu par une Japonaise diffusant dans la langue de Kawabata de nombreuses informations sur la Bretagne. Certains articles parlent en japonais de l’actualité du breton, celui-là par exemple.

 

4) Dans cet article portant sur nos langues régionales et l’Extrême-Orient, j’ai mentionné un peu le coréen et l’occitan. Pour continuer sur ces sujets, même s’il y est plus question de problèmes politico-linguistiques purs, cet article intitulé « Catalan, occitan, espagnol, français, coréen, japonais : problèmes de bilinguisme » écrit par le coréanologue André FABRE (disparu en 2009) vous intéressera peut-être.

 

5) Un site en anglais sur les Emishi. Je n’ai pas eu le temps d’entrer dans les détails mais il m’a semblé complet et accessible.

 

Voilà, je ne sais pas si cet article servira à quelque chose, mais moi en tout cas je me suis bien amusé à l’écrire ! ^^

 

A la prochaine,

 

Jérémy

Par Jérémy - Publié dans : Bretagne-Japon
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  • Bonjour ! Je m'appelle Jérémy. Après avoir appris le japonais en autodidacte pendant plus de 10 ans, depuis 2007 je vis au Japon et y travaille comme CIR (coordinateur en relations internationales) dans le cadre du programme JET.
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  • 06/07/1982

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