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J’ai un petit peu de temps libre, je blogue...
L’éboueur qui courait vers moi
Un jour, il n’y a pas très longtemps, à Kôbe, devant chez moi.
Je me prépare à aller au boulot, il est bientôt 9h du matin, nous sommes un mardi ou un vendredi (je ne m’en souviens plus trop), le jour des poubelles. Jusque-là, j’avais toujours pu les sortir en même temps que je me rendais au boulot. Jamais il ne m’était arrivé de les déposer après que les éboueurs soient passés. Si cela vous arrive, comme il n’y a pas de conteneurs au Japon, vous êtes un peu dans le c..., ce doit d’ailleurs être précisément le cas pour les familles avec des enfants en bas-âge.
Je me préparais donc tranquillement à sortir, quand soudain j’entendis tout un concert de bruits qui n’auguraient rien de bon : avertisseurs sonores, moteur de camion, froissement de sacs plastique que l’on manipule, déchets écrasés dans un broyeur, voix d’hommes qui se lancent de viriles et incompréhensibles instructions... Aïe. Poussé par l’horrible perspective d’avoir à cohabiter plusieurs jours supplémentaires avec nos immondices, je trouve la force et le courage de me précipiter devant chez moi (je n’habite qu’au second étage – troisième pour les Japonais chez qui le rez-de-chaussée n’existe pas – et je n’ai pas bien loin jusqu’à l’endroit où il faut déposer les poubelles), mais, mes oreilles alors ultra attentives au moindre bruit, je comprends vite que le camion a déjà fait pas mal de chemin... Je crains le pire.
Je dévale les escaliers, sors avec ma poubelle (encore ouverte) dans les mains et quand je suis enfin hors de chez moi, le camion est effectivement à 30 ou 40m de là où je suis, prêt à poursuivre sa route. Bien que chaussant des tongs, je tente un ultime sprint de la dernière chance pour en finir avec l’embarrassant sac plastique qui n’en finissait pas de me faire profiter de ses fétides effluves, et, par chance, un des éboueurs courait dans ma direction afin de s’occuper d’un autre site (?). Je me dis chouette, il court vers moi, les chances pour qu’il me voie et accepte ma poubelle s’en trouveront donc augmentées.
Je me trompais.
Ce vers quoi il courait, c’était moi. Enfin moi et ma poubelle.
Il courait vers moi et, quand nos courses se sont rencontrées à mi-distance entre l’endroit où j’avais commencé mon sprint et l’endroit où était le camion, il m’a pris ma poubelle.
Quand il m’a pris ma poubelle, il m’a fait une courbette et dit : « arigatô gozaimasu ».
Puis, le pas vif et décidé, il est retourné vers son camion...
Les courses dans le frigo
Aujourd’hui, à l’Association Internationale du Hyôgo (HIA).
J’y travaillais hier, et pendant ma pause du midi, profitant de la grande surface se trouvant juste à côté de l’asso, j’avais fait quelques courses pour le soir, courses que j’avais déposées dans une petite salle à côté de l’endroit où je bosse. Manque de pot, pris dans mon élan, quand l’heure de la débauche arriva (pas celle que vous croyez hein), je n’avais pas pensé à ramener les courses que j’avais faites. Oui, je retiens bien les kanji, mais pour le reste je suis d’une oublieuseté pathologique.
Je rentre chez moi, je mange le repas que m’avait préparé la veille ma petite femme partie au sport, je sens poindre à l’horizon une envie de fruits, et paf, je me rappelle en avoir acheté à midi. Cool. Ce rappel effectué, fatalement, je m’aperçois (enfin...) dans le même temps avoir laissé mes courses au bureau. Moins cool. Il est 19h40, l’asso fermant à 20h mais étant ouverte le samedi, je peux au moins tenter de les prévenir par téléphone pour pouvoir récupérer mon dû le lendemain, car de toute façon je comptais y faire un tour dans le week-end afin de terminer les préparatifs d’une intervention que je dois donner lundi en université et que je n’avais pas réussi à boucler à temps (je travaille terriblement bien à HIA : c’est juste à côté de chez moi et je suis posté au comptoir d’une bibliothèque...).
J’appelle, je tombe sur une collègue de l’asso (je rappelle que ce n’est mon lieu de travail qu’une fois par semaine environ). je lui explique la situation. Elle me dit de ne pas m’inquiéter, elle s’occupe de tout.
Je précise que j’avais oublié les denrées suivantes : une barquettes avec deux poires, des bananes, une boîte de cookies au chocolat entamée (maintenant en cours de digestion) et des pains au lait que j’achète souvent pour le petit-déjeuner (sûrement en phase finale de digestion...). Tout était dans la petite salle derrière le comptoir de la bibiothèque.
Ce matin.
Suivant les instructions de ma collègue données la veille par téléphone, je me rends aux réfrigérateurs collectifs de l’association. En haut d’un des frigos, un pochon blanc avec mes pains au lait et mes cookies, rassemblés dans le même sac. Sur ce dernier, un post-it vert (voir photo) avec le nom de l’oublieux chronique que je suis – et ne suis pas prêt d’arrêter d’être – et, entre parenthèses, l’indication que mes fruits se trouvaient à l’intérieur du frigo, avec une flèche pour me donner leur position exacte.
Il y a même la date à laquelle le message a été écrit. Ce vendredi 13 a vraiment été un bon jour! ^^
J’ouvre donc la porte du frigo, les produits frais attendaient sagement enveloppés dans leur couverture de plastique que je vienne les récupérer, délicatement posés sur le compartiment le plus en hauteur. Et comme on Japon on ne fait pas dans la demi-mesure quand il s’agit de rendre service, la lecture de tous les kanji utilisés dans le message est indiquée par des hiraganas (et là je prouve que je suis un bon français bien centré sur sa petite personne en admettant avoir la flemme d’expliquer ce que « kanji » et « hiragana » signifie aux non-initiés).
Voilà des moments qui vous font kiffer le Japon.
Mais rassurez-vous, il y a d’autres fois où on le kiffe beaucoup moins le Japon...
Jérémy
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La minute du pinailleur : effluve est un nom masculin. "La poubelle et ses odorants effluves".
Heureusement que l'on n'a pas vu le pléonasme entre effluves et odorants. :D
Ha ha j'avais vaguement perçu une faiblesse au niveau de cette expression mais j'avoue que je ne pensais pas écrire des choses justifiant un tel niveau de zèle à la relecture...
ガードがちょっと甘かったようだね!
Maintenant que je te sais dans les parages, je ferai plus gaffe !
"Fétides effluves", ce sera mon dernier mot. Et s"il ne convient toujours pas, je laisserai le soin à de prochains écrits (et surtout à de prochaines lectures) d'améliorer mon niveau général en français !
またヤン学も知りたいので、自分の思いも綴ってみて読ましてな!
Je suis tout à fait d'accord avec toi, certains actes de gentillesse extrême et gratuite comme ceux-ci font le côté extraordinaire du Japon.
A côté de ça, on n'aide pas les aveugles ou les handicapés en fauteuil roulant à traverser la rue et une gamine qui hurle au chikan dans le train ne se fait aider par personne... Je me demande d'où vient cette dualité. Penses-tu que ce soit en rapport avec le naka / soto? Les gens qui font partie du cercle d'intimité (naka) sont traités avec beaucoup d'égards et de gentillesse mais les gens qui n'en font pas partie (soto) sont ignorés?
http://francaisaukansai.blogspot.com/
Si tu veux te voir listé, n'hésite pas à le contacter.
Personnellement, ça a apporté un peu de traffic à mon blog même si au final le nombre de commentaires n'a pas augmenté donc ça n'a pas vraiment élargi le débat.
Ha ha le boulet 5mn après t'avoir répondu j'ai compris qu'il s'agissait de la même personne et où il fallait cliquer pour voir ton blog... ^^;
J'ai bien rigolé avec ton histoire de toilettes !!
Jérémy