Dragon Ball en VO sur Dailymotion.
J’ai eu la chance d’être vite fixé sur mon sort avec le JET : au début du mois d’avril je savais que j’étais pris. Ca laisse le temps de voir venir les choses et de se préparer. J’ai donc mis un terme à mon contrat chez Jideco, et depuis le début du mois de mai je suis en vacances, libre comme l’air. Je fais tout ce que je veux, j’étudie tout ce qui m’intéresse, je me prépare pour le JET, j’organise mes journées comme ça me chante, il me suffit d’avoir envie de glander pour glander ; un vrai bonheur car dieu sait si cette année comme interprète a été harassante.
Pour optimiser ces quelques mois de répit, j’avais pensé à bosser mon japonais avec un vieux fantasme : tous les épisodes de DBZ en version originale, mais à plus de 500€ le coffret, même si je suis un fanatique de cette série j’avoue que j’hésitais un peu.
Puis vint le jour où je découvris Dailymotion…
Dailymotion m’a l’air d’être moins fourni que You Tube, mais au niveau anime, on y trouve des séries complètes que l’on peut visionner sur simple clic dont… DBZ ! Pas loin de 250 épisodes de DBZ en VO, à n’importe quelle heure de la journée !!
Le vieux rêve de môme… Je sais pas trop qui est ce « dragonshiryu », mais si c’est lui qui a mis ces vidéos en ligne il peut être sûr qu’il a rendu des gens heureux.
Quand je pense qu’à l’époque où j’étais encore au collège certains magasins de jeux vidéo vendaient du DBZ en VHS à 100 balles les 4 épisodes… Si les choses continuent à progresser de cette manière, je n’ose pas imaginer ce à quoi l’on pourra avoir accès dans les 10 prochaines années. Google Earth sur son satellite personnel peut-être ?
Quoiqu’il en soit, je m’amuse comme un fou tous les jours pendant au moins… 4 heures. Et là où je deviendrais presque agaçant tient au fait que c’est tout sauf improductif : non seulement je me délire à revoir tous ces épisodes, mais en plus je progresse en japonais et apprends plein de choses. En effet, quand je regarde un programme en VO j’ai toujours de quoi noter à portée de main et je m’arrête régulièrement pour consulter mon meilleur ami le denshijisho. Quand un thème quelconque m’intrigue vraiment, la seule consultation du dictionnaire ne satisfaisant plus ma curiosité, je passe à une vraie recherche documentaire, impliquant la consultation d’articles sur le Wikipedia, des mails à mes professeurs, des discussions avec mes amis japonais ou des questions sur les communautés du Mixi et les forums!
Sincèrement, je dois à cette méthode de « visionnage actif » (=voir une vidéo ce n’est pas que de la distraction ou une activité passive, c’est aussi une véritable occasion de s’améliorer) une très grosse partie de ce que je sais en japonais et en anglais. Oui, ça peut paraître bizarre, mais quand je suis devant mon ordi à regarder des anime, je suis quasiment en train de bosser ! C’est là le grand avantage d’avoir une passion qui se confond presque avec ses activités professionnelles.
D’ailleurs, quand je vois tous ces petits jeunes consommant des anime en quantité industrielle, je me dis que si après chaque vidéo ils avaient pris (ou on leur avait donné l’occasion de prendre) 2 minutes pour apprendre un truc en japonais (un mot, un kana, un kanji, une règle etc.), ils seraient peut-être meilleurs que moi à l’heure actuelle… Les équipes de sous titreurs devraient instaurer ce pacte : on te laisse regarder la vidéo mais en échange tu apprends quelque chose. Ca aiderait peut-être à rendre les médias moins abrutissants.
Pour terminer ce petit article, j’enclenche le mode linguiste-otaku et propose quelques petites remarques en vrac sur DBZ en VO :
- Le japonais de Gokû est toujours le même (quel que soit son interlocuteur) et n’est pas standard : il utilise par exemple le pronom « ora » (déformation de « ore ») pour se désigner et chez lui (mais c’est fréquent en japonais pour les adjectifs et la forme négative) beaucoup de sons en « ai » se transforment en « ee » : « zettai », « zettee » ; « ippai », « ippee » ; « daijoobu », « deijoobu »… Je dis beaucoup car chez Gokû même les adverbes subissent cette déformation.
- Le japonais de Chichi est trop marrant, elle aussi parle comme une campagnarde. Elle utilise d’étranges particules finales comme « be » / « dabe » (les collègues de Gunma-ken le faisaient aussi quand j’étais chez Jideco) ou utilise même « da » comme une particule. Elle emploie « zo » (normalement masculin) et se désigne par « ora » (idem). J’ai aussi noté un « Gokû-sa » à la place de « Gokû-san ».
- Gohan et Trunks parlent souvent dans un japonais standard et très poli, sauf quand ils se battent. Même à l’encontre de Gohan enfant, Trunks adulte utilise « -san » et parle en « desu/masu ».
- Végéta parle comme un Yakuza. C’est probablement lui qui doit utiliser le plus souvent la forme « -te yagaru ».
- Teshinhan, Bulma et Piccolo (c’est du moins ceux que j’ai le plus remarqués) appellent souvent Gokû « Son ».
- Quand j’arriverai à les compendre, j’écrirai un article sur les jeux de mots de Kaioh-sama…
Jérémy
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